Essai Peugeot 205 GTI 1.6 105 cv : Sochaux sort ses griffes.

 

 

Il y a 25 ans, la notion de voiture sportive passait inévitablement par les GTI. Si aujourd’hui, elles auraient tendance à être boudées et avantageusement remplacées par des automobiles mazoutées et écologiques, la lecture de ces trois lettres restent toujours significatives d’une vraie sportivité. C’est Volkswagen en 1976 qui va mettre le feu aux poudres en dotant sa Golf de l’injection. Avec 110 ch sous son capot et un poids limité à 780 kg, elle va devenir un véritable phénomène de société en devenant la Golf GTI. En voyant le succès de cette allemande déchainée, nos constructeurs nationaux décident de se mettre à la mode GTI. Et les techniques employées furent différentes pour chacun. En 1985, Renault présente la Super 5 GT turbo, qui reprend le schéma carburateur/turbo déjà utilisé sur la R5 Alpine turbo. Deux ans plus tard, Citroën se lance sur ce marché avec son AX Sport, qui tire 95 cv de son moteur atmosphérique, gavé via une paire de carburateur solex avant d’adopter en 1991 l’injection. La première riposte viendra de Peugeot qui, dès 1983, dote sa 205 de l’injection et donne naissance à un mythe : la 205 GTI.

 

Texte et photos : Steve Jolibois

 

1983, la marque de Sochaux change son fusil d’épaule et dégaine la 205 GTI 1.6. Il était temps pour ce constructeur de voiture familiale de changer son image. Si les débuts sont timides, la 205 GTI ne cessera d’évoluer en puissance : 105, 115, 125 et même 130 ch dans sa version 1900 cm3. Sur notre voiture le moteur XU5 de 1580 cm³ est emprunté à la 305 GT. L’adoption de l’injection « Bosch L-jectronic » lui autorise une puissance de 105 cv au régime de 6250 tr/mn, avec un couple de 13,7 m/kg à 4000 tr/mn. La greffe d’un tel moteur donnera des ailes à la 205 GTI, qui sera bien épaulée par un poids des plus contenu et une boite 5 vitesses à rapports resserrés. Les performances montent en flèche avec 193 km/h en vitesse maxi et le 0 à 100 est couvert en 9,3 secondes. Le mille mètres D.A est parcouru en 31,3 S, un chiffre exceptionnel pour l’époque.

 

 

Moteur de la Peugeot 305 GT.

 

 

 

La robe de la 205 GTI impressionne. Pneus larges (pour l’époque) sur des jantes aluminium de 14 pouces, extensions d’ailes noires soulignées d’un liseré rouge et spoiler avant gréé d’antibrouillards. Elle misait sur le sport et l’agressivité. Sportive dans l’âme, elle sait aussi être chic. Sous ses airs de brute, la 205 GTI cache une polyvalence hors pairs. En journée, elle est capable de mener madame dans les grandes avenues de Paris, le soir venu, elle peut déposer un couple en smoking et robe de soirée à l’opéra. Elle sait aussi transformer une route départementale en spéciale en vous menant au golf le dimanche, si l’envie vous en prend.

 

 

Sportive, chic et polyvalente.

 

 

 

Le spot publicitaire de l’époque attestera de son dynamisme avec une interprétation à la James Bond. Elle fera aussi une apparition au cinéma dans le film « Subway », où elle permet à son pilote (Christophe Lambert) de s’échapper des griffes d’une bande de mafieux le poursuivant en berline allemande. Joli pied de nez !

 

 

 

 

L’esprit sportif qui est largement souligné à l’extérieur, l’est aussi à l’intérieur. Le couleur rouge domine et recouvre la moquette, la grille du levier de vitesse, les aiguilles de compteurs et le sigle GTI du volant à deux branches. Le tissu des sièges semi-baquets est spécifique à cette version, qui arbore aussi la couleur rouge. La planche de bord présente bien, avec des assemblages soignés et des commandes qui tombent bien sous la main. L’absence de direction assistée et de vitres électriques trahissent son appartenance à une époque où les constructeurs automobile étaient concentrés sur la performance. Ici les équipements superflus (Airbag, ABS, climatisation et GPS) étaient bannis. Seule une banquette arrière rabattable en deux parties était présente pour offrir un peu de modularité.

 

 

Belle présentation et ajustage soigné.

 

 

Sur la route les pneumatiques de 185/60/14, combiné à une suspension sport et un train avant triangulé, feront de la 205 GTI, une référence dans le domaine du comportement routier. Son train avant est rivé au sol avec un train arrière qui dérive à la demande. Vive, rapide et précise, cette bombinette saute d’un virage à l’autre avec une hargne inégalable pour l’époque. Le freinage est confié à des disques de 247 mm à l’avant et des tambours à l’arrière. Ils seront remplacés par des disques un plus tard. Si aujourd’hui le choix des tambours peut surprendre sur une voiture de sport, il faut se rappeler que la 205 GTI 1.6 ne pèse que 880 kilos. S’ils autorisent des distances de freinage tout à fait honorable, ils perdent rapidement de leur efficacité en utilisation intensive.

 

 

En 1984 les roues sport c’était du 14!

 

J’ai conduit cette voiture dans les années 90. Aujourd’hui, à son volant, je retrouve immédiatement mes repères. Comme par le passé, je ne comprends toujours pas le fonctionnement de la commande des essuies glaces ! Au démarrage, le bruit du moteur fait ressurgir des souvenirs. Une époque où les routes étaient vides de radars automatiques et la répression sur les excès de vitesse beaucoup moins présente. La boite de vitesse est toujours un régal à manier et le compte tours ne rechigne pas taquiner la zone rouge. Retrouver une 205 GTI est toujours un plaisir. Le moteur fait preuve d’une grande souplesse et permet de relancer à petite vitesse sans avoir recours au levier de vitesse. Pourtant, le bruit, le faible poids et le châssis ultra précis incitent à une conduite plus dynamique, que l’on adopte rapidement pour plus de plaisir. Si le freinage limite les ardeurs du conducteur, il joue un rôle important pour placer la voiture quand on accélère le rythme. Après toutes ses années, la 205 GTI distille toujours autant de plaisir et autorise une utilisation quotidienne sans arrière-pensée, un sacré numéro !

 

 

Jusqu’au levier de vitesse!

 

 

Sur son passage les pouces se lèvent et les commentaires des passants montrent bien que cette voiture a marqué son époque. Il est vrai que la teinte rouge de notre exemplaire participe beaucoup à ce phénomène. Elle attire toujours autant de sympathie.

 

 

 

Un grand merci à François pour le prêt de sa magnifique 205 et au château de la Madeleine à Chevreuse pour le spot photo.

Château de la Madeleine : www.casteland.com/pfr/chateau/idf/yvelines/madeleine/madeleine.htm 

Wikipédia :http://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2teau_de_la_Madeleine

 

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