Lotus Elise S1 : Déjà 25 ans !

Lotus Elise S1 : Déjà 25 ans !

3 octobre 2020 0 Par Steve Jolibois

La Lotus Elise a été dévoilée il y a 25 ans. Une voiture tournée vers le plaisir de conduire au détriment du confort, qui concilie performance et efficacité avec une puissance limitée. Mais ce condensé sportif à donner quelques sueurs froides à l’exécutif de chez Lotus lors de sa présentation en 1995. Retour 25 ans en arrière sur la naissance d’un mythe automobile.

Texte : Steve Jolibois / Photos : Lotus presse .

Vous vous rendez compte, la Lotus Elise S1 vient de fêter ses 25 ans, le 12 septembre pour être précis. Étrangement, elle ne semble pas avoir pris une ride. Il faut dire que la petite anglaise est bien née avec des arguments qui aujourd’hui séduisent encore un large public : carrosserie cabriolet deux places avec arceau, dimensions contenues sans portes à faux et un design travaillé. Si le chemin de la réussite lui était tout tracé, l’exécutif de Lotus a eu quelques sueurs froides pour sa présentation officielle au salon de Francfort.

Initialement l’Elise ne devait pas s’appeler « Elise » ! Patrick Peal alors responsable de la communication chez Lotus en 1995, se souvient de certains détails qui n’ont jamais fait la une des journaux : ” La voiture qui est devenue l’Elise S1, a été désignée avant son lancement par un numéro de type : ” Lotus Type 111 “. La Lotus 111, prononcer One-Eleven, rappelle la Lotus Eleven de 1956, mais aussi la Lotus 23 de 1962. Elle a été désignée comme le successeur spirituel de ces deux icones. J’avais même acheté la plaque d’immatriculation « M111 LCL » pour être utilisée sur l’un des prototypes déguisés, et j’avais déjà laissé entendre aux médias que ce serait le nom de la nouvelle voiture ! Mais à quelques semaines de dévoiler ce concept, Romano Artioli, président de Lotus, a proposé le nom Elise en hommage à sa petite fille Elisa. Un logo et du matériel promotionnel ont donc été conçus à la hâte et le nom enregistré auprès des autorités chargées des marques. Avec le recul, Romano Artioli avait raison. Elise était le nom parfait pour la voiture, partagé avec une petite fille enjouée, sa petite-fille Elisa, qui a permis de lancer la voiture dans le monde “.

Lors de la présentation officielle en 1995 au salon de Francfort, la bâche du modèle d’exposition fut retirée, laissant apparaître l’Elise avec la petite Elisa assise dans la voiture. Cet ajustement de “dernière minute” imposait que les photos de presse officielles devaient être réalisées dans un délai serré, ce qui fut fait dans un studio du nord de Norwich. A l’époque la couleur choisie pour la voiture d’exposition de Francfort était un vert de course métallique combiné à un intérieur beige. Comme l’explique Patrick Pearl : “Cela signifiait que la couleur de fond lors du tournage en studio devenait presque aussi importante que celle de la voiture. Nous avions besoin d’un arrière-plan pour compenser le vert de course de la voiture. Le choix évident aurait été une couleur conservatrice comme le gris, mais nous avons choisi un jaune moutarde brillant. Il faisait parfaitement ressortir la forme, les lignes et en particulier la couleur de la voiture et bien sûr, c’était aussi une référence aux couleurs du logo Lotus, à la livrée des voitures de course F1 Team des années 1960 et du blason de Norfolk.”

Après d’inévitables délais, les premiers modèles sont commercialisés fin 1996. A l’époque L’Elise fascine les journalistes auto par son excellente tenue de route et ses performances remarquables par rapport à sa faible puissance. La revue Echappement ayant titré un article : ” Fantastic job ” en octobre 1996.

A son lancement en 1996 l’Elise est facturée 165 000 F (199 500 F pour le Renault Spider), avec comme seul élément de série, un repose-pied passager et le pré-équipement autoradio.

Lotus Elise S1 : Un concentré technologique :

Aujourd’hui, quand on analyse de prés une Lotus Elise S1, on s’aperçoit qu’elle était à la pointe de la technologie pour son époque. Tout d’abord, le châssis en aluminium était collé à l’époxy par un principe de cuisson. Une première mondiale qui permettait au châssis de ne peser que 65 kg. Renault utilisera le même matériau pour son ” Spider “, mais elle n’ira pas aussi loin sur le plan technique avec un principe de soudage qui augmente le poids de manière conséquente. Sur l’Elise S1 l’aluminium est omniprésent. Ainsi les éléments de suspension sont en aluminium et les disques de frein sont en composite d’aluminium (métal matrix jusqu’en 1998).

L’habitacle laisse apparaître le châssis en aluminium. De quoi imprégner le conducteur dans une ambiance sportive avec des éléments de confort inscrits au rang des absents. Plus simple, tu meurs : deux baquets font face à une planche de bord épurée, qui comprend un petit volant, un combiné d’instruments simplifié, quelques boutons et une commande de chauffage. La console centrale est minimaliste. Elle regroupe le levier de vitesse et le frein à main, tous deux en aluminium. Cette simplicité s’accorde bien avec les vitres et la capote manuelle. Vous l’aurez compris, le seul but de gagner du poids.

Et cette recette d’une sportive allégée et débarrassée de tout confort fonctionne plutôt bien. Avec seulement 720 kg à vide, la Lotus Elise S1 atteint des sommets de légèreté. A titre de comparaison, son concurrent le plus direct, le Spider Renault, lui rend 210 kg (930 kg) dans sa version extrême démunie de pare-brise. Pire encore, une BMW Z3 M roadster pèse presque le double de l’Elise S1 avec un poids de 1410 kg !

Et dans ces conditions l’Elise S1 n’a pas besoin d’une grosse mécanique pour faire tomber les chronos. Le choix s’est porté sur un 4 cylindre à 16 soupapes de 1 796 cm3, qui procure à l’anglaise une modeste puissance de 120 ch. Le couple de 165 Nm n’est pas exceptionnel, mais il a le mérite d’être disponible dès 3000 tr/mn. Ce bloc d’origine Rover accouplé à une boite de vitesse 5 rapports (d’origine Honda) offre à la l’Elise S1 un agrément de conduite élevé, ainsi que des performances de haut vol : 0 à 100 km/h en 6,2 S, 400 m DA en 14,6 S, 1000 m DA en 27,5 S et une vitesse maxi de 200 km/h. Des performances proches du Renault Spider dont la puissance atteint les 150 cv. Et malgré cela, l’Elise S1 reste sobre dans ses consommations avec seulement 7 l/100 (cycle combiné) contre 8 litres pour son concurrent.

Mais la vraie révélation provient du châssis. L’Elise est un exemple d’agilité et son efficacité est redoutable. En revanche, elle reste exigeante à piloter et l’absence de béquilles électroniques, ainsi que la direction et les freins privés d’assistance demande une certaine expérience. En revanche la suspension est moins radicale qu’elle n’y paraît, l’Elise offrant un bon compromis efficacité/confort. Malgré l’absence d’autobloquant, la motricité est excellente, cela grâce à l’adoption de pneus en 185/55 sur jantes en alliage de 15 pouces à l’avant et jantes en 16 pouces avec des pneus en 205/50 à l’arrière. Malgré cela la vigilance reste de mise sous la pluie, où la répartition des masses dans une proportion de 40/60 % rend l’Elise sensible au levé de pied. Le freinage ne souffre d’aucune critique, les 4 disques de 282 mm étant largement à la hauteur pour freiner l’Elise. La prudence reste de mise sous la pluie avec l’absence de l’ABS.

Aujourd’hui l’Elise reste une voiture attirante pour les puristes et amateurs de conduite sur circuit. Son achat demande une bonne expertise car le châssis n’aime pas les accidents d’autant qu’il ne peut pas être ressoudé. Conséquences, les voitures accidentées sont souvent maquillées. Si le moteur est plutôt fiable, le joint de culasse est fragile et la boite souffre de sa commande qui avec le temps se détend. Les voitures ayant souvent tâté du circuit, souffrent au niveau des roulements, rotules de suspension et de direction. Pour identifier une version conduite à droite (anglaise) convertie en conduite à gauche, il faut vérifier le numéro du châssis : le 12e caractère doit être C pour les conduites à droite et D pour les versions à gauche. Si vous êtes prêt à franchir le pas, comptez entre 20 000 et 26 000 euros pour une version conduite à gauche.