ESSAI Mia Electric : Je Mia’ttache

ESSAI Mia Electric : Je Mia’ttache

3 mai 2013 1 Par Steve Jolibois

 Mia Electric (24)

La fiche technique de notre voiture du jour a de quoi faire saliver les amateurs d’automobile sportive. Imaginez : moteur électrique en porte à faux arrière et habitacle trois places avec le conducteur en position centrale. A ce moment, les incontournables Porsche 911, Mac Laren F1 ou autres nouveautés du salon de Genève 2013 vous viennent inévitablement à l’esprit. Pourtant il n’en est rien, à défaut d’être la super-car de l’année, elle incarne la parfaite citadine ! C’est la Mia Electric !

Texte et photos : Steve Jolibois

Si cette marque est inconnue pour la plupart d’entre nous, elle est le fruit du travail d’une grande entreprise de l’automobile française, Heuliez. Spécialisée dans la fabrication de bus sur base Renault, elle a été précurseur dans le domaine de la voiture électrique entre 1998 et 2004. Située à Cerizay dans les Deux Sèvres, l’entreprise a développé des concepts et nouvelles technologies en carrosserie automobile. Elle produira l’Opel Tigra Twin-top équipé d’un toit rétractable et diversifiera son activité en produisant également l’intégralité de la structure de la banquette arrière de la Renault Modus. Après une chute des ventes de l’Opel Tigra Twin-top en 2007, l’entreprise se place en procédure de sauvegarde. Entre 2008 et 2009, des investisseurs feront des propositions de reprise qui resteront sans suite. A ce moment, le dépôt de bilan est proche et il est temps pour Heuliez de retrouver un repreneur alors que l’activité n’est pas encore figée. Après quelques espoirs, Heuliez se voit dans l’obligation de déposer une demande de reconnaissance de cessation de paiement au tribunal de commerce de Niort. S’en suivra la mise en redressement judiciaire avec continuité d’activité le 21 mai 2010, sans en affecter la branche Véhicule Électrique. Un an plus tard, la société est reprise par le groupe français BGI (Baelen-de Gaillard industrie et la société allemande Con Energy) et secondé par le groupe Pharma-Kohl. Cette union va diviser l’entreprise en deux parties avec Heuliez et Mia Electrique. Avril 2013 Heuliez dépose le bilan, Mia Electrique continue son activité.

Esthétiquement la Mia semble tout droit sortie d’un manga. Son look et ses traits droits font clairement penser aux productions japonaises. Descendante directe du projet d’étude Heuliez Friendly (2008), elle a eu la chance de croiser son chemin avec celui du designer turc Murat Günak, auteur des superbes lignes des Volkswagen Passat CC, Mercedes SLK et Peugeot 206 CC. Si son coup de crayon n’affole pas les pupilles, il lui offre une “bouille” sympathique et le nuancier de couleurs lui permet de se viriliser. La carrosserie thermoformée en ABS se décline en 3 coloris (aspect aluminium brossé pour notre voiture) avec les parties basses vissées et remplaçables indépendamment. Le pare- choc avant qui intègre des feux diurnes la fait sourire et les bloques optiques dans le prolongement des montants de pare-brise dessinent son regard. La face arrière est d’aspect moderne avec une grande vitre fumée et des feux à leds. Si les extrémités attirent la sympathie des piétons, le profil suscite des remarques avec les roues rejetées aux quatre coins du châssis. A ce sujet, les jantes aluminium de 14 pouces chaussées de pneus 155/65/14 paraissent bien petites par rapport au standard actuel.

Avec un porte à faux avant réduit et inexistant à l’arrière, la Mia ne mesure que 2,87 m pour une largeur de 1,64 m. En terme de proportion, elle se rapproche de la Smart Fortwo, mais lui concédant 17 centimètres en longueur. En hauteur elle est plus basse de 1,5 cm que la Smart avec 1,55 m et le bosselage du toit permet de faire coulisser les portes latérales sur les ailes arrière. De formes rectangulaires, elles bénéficient de vitres coulissantes et se s’ouvrent par l’intermédiaire d’une télécommande. Pourquoi avoir choisi cette orientation stylistique ? Dans le segment M1, les voitures inférieures à trois mètres limitent le nombre de passager à deux. La Mia permet d’accueillir trois passagers avec un coffre de 260 litres ! Disponible aussi avec un châssis rallongé de 30 centimètres, elle autorise l’accès à quatre personnes. Cette version s’appelle Mia L et l’allongement de sa carrosserie dénature encore plus la ligne déjà si particulière. Sur cette même base est développée la Mia U, une version utilitaire offrant un volume de chargement de 1500 litres.

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Après avoir déverrouillé la voiture, des boutons en forme de fleur situés près des portes coulissantes.  Si l’habitacle se présente à vous dans une configuration assez inhabituelle, l’accès à bord est facilité par l’ingénieuse découpe du plancher et la garde au toit généreuse. Le siège conducteur se trouve à l’avant-centre alors que ceux des deux passagers sont décentrés à l’arrière. Si la fermeté des mousses se fait sentir, la hauteur du dossier et le cuir cognac (en option) les rendent agréables à regarder. Les réglages sont limités puisque que seule l’assise est ajustable d’avant en arrière. Les rétroviseurs se règlent manuellement de l’intérieur, celui de l’habitacle étant totalement inutile par son positionnement à droite du pare-brise.

A bord les contre-portes garnis de cuir (en option) sonnent creux. Le volant à méplat ainsi que la poignée de frein à main se contentent de plastique, le cuir étant toujours une option. Les surtapis à liserés siglés Mia (en option) donnent une touche de sérieux à l’habitacle qui manque de finition avec des éléments fixés par des vis apparentes. Bien entendu ça transpire une fabrication à bas coût. La planche de bord aux formes symétriques regroupe les différentes commandes ainsi que les aérations de chauffage. La finition aluminium rappelle celle de la carrosserie, la partie gauche comprenant les feux de détresse, la commande de boite de vitesse et le commutateur pour la fonction économique. Le chauffage et l’horloge sont regroupés sur la partie droite. Le compteur digital fait face au conducteur et renseigne sur la vitesse, la distance parcourue, l’autonomie de la batterie, le rapport engagé, et l’énergie récupéré lors des phases de décélération.

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Notre voiture bénéficie de l’option radio CD/MP3 avec port USB et kit Bluetooth. L’habitacle est tempéré par un chauffage à impulsion qui s’est montré un peu juste les jours de grand froid durant l’essai. De plus, la soufflerie est bruyante et elle avoue vite ses limites pour désembuer l’habitacle par temps de pluie. Si le conducteur arrive à voir la route par le pare-brise, les passagers arrière sont privé de visions latérales. Une version améliorée est à l’étude et devrait équiper les futures modèles de la marque. Mention spéciale pour la fonction programmation qui permet de mettre l’habitacle à température durant la recharge de la batterie. L’essuie-glace monobras s’est montré très efficace durant l’essai.

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Notre voiture dotée de l’option ” pack standard ” bénéficie d’un filet de rangement,  d’une prise 12 volts, de deux tablettes antidérapantes et d’un porte gobelet.

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Sur le plan mécanique la Mia fait appel à un moteur électrique asynchrone placé en porte à faux arrière. Il développe une puissance de 18 kw (24 cv) pour un régime maxi de 9000 tr/mn. Son couple atteint la valeur “exceptionnel” de 58 Nm entre 0 et 5000 tr/mn. Pour l’animer, Mia a fait le choix de proposer en série une batterie lithium-phosphate de fer de 8 kw. L’autonomie étant dans cette configuration de 80 kilomètres. Notre voiture bénéficie d’une batterie de 12 kw, portant l’autonomie à 120 km. Les chiffres avancés sont réalistes et la distance parcourue est respectée. Mieux encore, le récupérateur d’énergie qui s’active lors des phases de décélération et freinage permet de gagner l’autonomie. La recharge s’effectue en 5 heures dans notre cas, contre 3 heures pour une batterie de 8 Kw. Les recharges ne nécessitent aucun équipement spécifique et peuvent se faire chez soi ou sur les bornes publiques.

La mise en route du moteur ne peut s’effectuer que lorsque les portes sont fermées. Si cette sécurité semble la bienvenue, elle devient vite gênante lors des déplacements quotidiens. Les portes latérales sont pratiques et permettent de descendre du côté du trottoir en toute sécurité. Malheureusement, chaque ouverture implique de redémarrer la voiture par un coup de clé ce qui est agaçant quand il s’agit de faire descendre une personne au coin d’une rue. La mise en tension du moteur se fait entendre par un bip et un voyant sur le compteur. Une simple pression sur le bouton du tableau de bord et la pédale de frein permet de sélectionner la position drive ou recule. Après avoir déverrouillé le frein à main situé à gauche du siège, la Mia se met en mouvement. Le mode “eco” permet une conduite en douceur et d’économiser la batterie dans les bouchons.

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Côté performance la Mia revendique des chiffres modestes. Le constructeur annonce 22,3 secondes au 400 m/da et une vitesse de 51, 5 km/h en 100 mètres. La vitesse maxi de 100 km/h ne permet pas de la soumettre aux mesures habituelles. De plus, la Mia ne transmet pas sa puissance comme les autres voitures électriques. Elle préfère les démarrages en douceur pour ensuite donner une accélération suffisante. Les reprises sont suffisantes, mais cela dépend de la vitesse à laquelle on roule. Si le terrain de prédilection de la Mia reste la ville, elle ne refuse pas de s’aventurer sur les grandes périphéries qui entourent les grandes villes. Dans ces conditions la faible insonorisation avoue vite ses limites, les bruits de roulement envahissant l’habitacle, obligeant son conducteur à monter la radio ou d’élever la voix pour communiquer avec les passagers.

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La Mia surprend par son comportement routier. Si la garde au sol et ses roues de petite taille laissent présager une suspension bout de bois, il n’en n’est rien ! En effet, elle filtre parfaitement les imperfections de la route et se joue bien des nids de poule et autres entorses de la route. Les changements de cap s’effectuent en un éclair avec une direction (non assistée) qui remonte bien les informations. L’absence d’assistance n’est pas gênante puisque le poids reste limité sur le train avant. Les manœuvres s’effectuent avec aisance et le rayon de braquage de 4,40 mètres permet d’effectuer des demi-tours dans un mouchoir de poche. Le freinage confié à un ensemble disques et tambours géré par un ABS offre une puissance suffisante.  La Mia offre une mobilité urbaine inconnue à ce jour avec un gabarit contenu et une agilité à faire pâlir un équilibriste. Au volant l’alchimie fonctionne bien et les déplacements ne sont pas désagréables.

Au-delà de cette polyvalence, la Mia réduit le budget entretien qu’infligent les voitures thermiques. Le moteur électrique ne réclame aucune attention particulière, seule la pression des pneus, le niveau de lave glace et liquide de frein sont à surveiller. Le SAV est assuré par 40 réparateurs agréés et aussi par le Flying-doctors qui permet sur rendez-vous, de faire venir un camion atelier au domicile du propriétaire. Ce mode opératoire a de quoi séduire aux citadins qui n’ont plus à se soucier de la dépose de leur voiture chez le garagiste.

Si la Mia attire par ses prestations et sa consommation (1€ euros aux 100km), sont tarifs de 14 592 euros (7000 € déduit*) vient ternir le tableau. De plus, une fois le chèque signé, il faut débourser 75€ par mois pour la location de la batterie (12 kWh) sur une durée de 48 mois avec un kilométrage limité à 10000 km/an. L’achat de la batterie est envisageable mais gonfle considérablement le tarif et le coût de son remplacement au-delà de la garantie n’incite pas à l’investissement. Mais dans ce domaine aucun constructeur n’est épargné, la Mia reste la moins cher du marché.

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Conclusion :

La Mia souffre d’un manque d’image et ce ne sont pas ses chiffres des ventes de l’année 2012 qui ont permis de la faire connaitre. Pour 2013 les choses risquent de changer puisque Mia a été retenue au marché de l’UGAP. Alors, si vous ne vivez pas sous le regard des autres, que vous aimez la simplicité et que vous êtes prêt à sacrifier un peu de confort, la Mia est faite pour vous. Pour ma part j’ai apprécié ses quelques jours à son volant et c’est avec regret que j’ai rendu cette voiture. Vivement un prochain essai !

Un grand merci à Monsieur Zemmour pour le prêt de la voiture et son accueil dans la concession Mia se situant au 252 Bd Saint Germain à Paris.
Contact : roy.zemmour@mia-electric.fr

Retrouvez l’essai vidéo sur notre chaîne YouTube: http://youtu.be/KQ3KH4u1VXY

Un grand merci à Mixsoft pour la mise à disposition gratuite du morceau musicale qui sonorise notre vidéo. Retrouvez ses activités sur Facebook: https://www.facebook.com/pages/mixsoft/317346918335064 

Prix de base* : 12786,92 euros
Options :
Carrosserie Alu brossé : 717,60 euros
Radio Bluetooth mp3 : 179,40
Pack confort : 538,20
Tablette cache-bagages : 71,76 euros
Vitres teintées : 299,00 euros
* : Prime gouvernementale de 7000 euros déduite.