Le Conservatoire Citroën.

Le Conservatoire Citroën.

11 mai 2012 0 Par Steve Jolibois

Côtoyant les chaines de montage de la Citroën C3 sur le site d’Aulnay sous bois, le Conservatoire est devenu un lieu incontournable pour les amateurs de la marque aux chevrons. Parmi les milliers d’objets et de documents, le bâtiment abrite aussi la plus importante collection internationale de véhicules Citroën. Retour sur 90 ans d’aventure automobile.

Texte et Photos: Steve Jolibois

23 février 2012 le mail tombe. Je suis invité par Citroën pour une visite du patrimoine de la marque. Lors d’un déjeuner, mon contact m’avait fait part d’une atmosphère atypique et d’une réelle opportunité car le site n’est pas ouvert au public. A mon arrivée, je rejoins le bâtiment du Conservatoire qui est d’aspect plutôt moderne.

L’accueil y est chaleureux et l’on me remet un badge nominatif. Après ce contrôle, je suis libre de naviguer à mon gré dans la salle qui abrite quelques curiosités. A ma droite se trouve une compression de ZX du sculpteur César et quelques prototypes des moteurs V8 et 6 cylindres destinés à la DS.

Des vitrines conservent des cartes professionnelles d’ouvrier de l’époque ainsi que des maquettes des bureaux d’étude. Non loin du buste de Pierre Boulanger, ancien président directeur général de Citroën, de curieux engrenages en forme de chevrons intriguent une bonne partie des visiteurs.

Leur présence n’est pas un hasard puisque André Citroën avait été en 1901 le pionnier de la denture à chevrons continus. Une innovation qui avait conquis le monde entier. Après un café et quelques viennoiseries, un homme en costume fait son apparition et attire l’attention des participants en prenant un micro. C’est Denis Huille, Responsable patrimoine historique et maître des lieux. Avant de nous ouvrir les portes du bâtiment qui abritent les voitures, Il commence par nous faire découvrir l’histoire des différents objets qui nous entourent.

En pénétrant dans les 6500 m2 du bâtiment, l’odeur des viennoiseries laisse place aux odeurs atypiques caractérisant les véhicules anciens. Les premiers mètres de la visite me transportent dans un monde parallèle où tout s’oppose. D’un côté des prototypes dignes d’un film de science-fiction, de l’autre les premières Citroën. C’est d’ailleurs elles qui ordonneront le sens de la visite. Si le lieu semble sans vie, Denis Huille le fait revivre avec une grande passion. Connaissant parfaitement chaque modèle, il transporte ses visiteurs au travers d’anecdotes et définitions techniques que seul de vieux livres poussiéreux peuvent raconter.

La magie opère dès le début de la visite et les Citroën Type A nous rappellerons que l’aventure Citroën a commencé dans l’usine historique du quai de Javel. Au détour d’un châssis nu, la visite continue avec les Citroën C4, C6 et Rosalie. Superbement alignées, elles arborent des carrosseries toutes différentes de couleurs variées. Dans une chronologie parfaite, nous rejoignons les tractions. Un superbe coupé bordeaux et noir précède deux cabriolets, alors qu’une série de 15/6 rappelle l’époque où elles étaient les reines de la route. Si les prototypes de 2 CV aux tôles ondulées recèlent de curiosités, les versions définitives confirmeront le succès de la voiture dite du peuple. De la version saharienne à la charleston, une unique version réalisée pour le couturier Hermès nous mènera à la DS. De l’ID, à la luxueuse version 23 injection, aucun modèle n’est oublié. La visite se poursuivra par la découverte d’autres voitures ayant fait le succès de la marque. Citroën GS avec la rare birotor, la SM et sa version compétition, la CX et ses versions turbo, la BX dont la version 4 TC du groupe B et les XM.

Les utilitaires sont aussi à l’honneur avec les TUB, type h et un tracteur arborant les chevrons. Le sport fait également parti du patrimoine et la 2 CV rallye cross côtoient les monstres du Paris Dakar. La présence d’un hélicoptère prouve que Citroën s’est aussi aventurée dans le domaine de l’aéronautique. La visite se clôt par la découverte de prototypes emblématiques (Karin, Xanthia, Activa et Survolt) prouvant la constante évolution de la marque en 90 ans.

La visite est terminée, les portes du Conservatoire se referment laissant la place à un paysage automobile fade, fait de plastique et d’alliage léger. L’empreinte d’André Citroën et la passion de Denis Huille ont marqué à jamais ma mémoire. Moi qui ne voyait en Citroën qu’un fabriquant de voitures familiales… ignare que je suis !

Tous mes remerciements à Denis Huille et son équipe pour leur accueil.