Essai Fiat Panda 1.2 69 ch Lounge 2012

Essai Fiat Panda 1.2 69 ch Lounge 2012

15 juin 2012 0 Par Steve Jolibois

Opus 3 !

Avec une hausse du carburant et une circulation de plus en plus dense dans nos villes, les constructeurs misent sur les citadines. Si la Fiat Panda 1 avait rempli son contrat dans les années 80, quand est-il en 2012 pour son troisième opus ?

Texte et photos : Steve Jolibois

La seconde génération de Panda gagne quelques centimètres qui lui permettent de revendiquer cinq portes. Avec une qualité de fabrication supérieur, elle est aussi élue voiture de l’année 2004. Une version 100 HP lui offrira aussi le titre de petite sportive. Pour le 3eme opus de la Panda, Fiat voit les choses en grand ! Tout d’abord, la marque réaménage son usine de Pomigliano d’Arco près de Naples en investissant prés de 800 millions d’euros. Les 600 robots de l’atelier de tôlerie sont automatisés à 99 % et 200 000 heures de formations des employés ont été financées pour permettre la production de 1050 Panda par jour et 280000 par an.

100% italienne, la Panda soigne sa plastique par des rondeurs. Usant du style carrond (forme carrée aux coins arrondis), elle devient plus pulpeuse. Si le travail aérodynamique a porté ses fruits (Cx de 0,32), il a bénéficié aussi à l’augmentation des surfaces vitrées offrant une meilleure vision périphérique et réduisant les angles morts. Affichant 3,65 m de long pour 1,64 m de large (hors rétros) la Panda gagne 11, 4 cm et 6,5 cm par rapport à sa devancière. L’augmentation de la plate forme et l’élargissement de ses voies renforcent ses qualités routières en lui offrant une meilleure habitabilité. De larges protections ornent ses boucliers et des bandeaux sur les portières la protègent contre les chocs.

Les feux arrière placés en hauteur limitent les risques de casse et la trappe à essence sans clé fait office de bouchon et facilite le ravitaillement en carburant. Le pack “style” permet l’adoption de jantes alliage 15 pouces (14 d’origine) et des projecteurs antibrouillard avant. Avec tous ces attributs, la Panda devient irrésistible et le regard, parfois jaloux des femmes, en dit long sur son impact visuel. A l’intérieur pas de surprise, l’augmentation des dimensions extérieur profitent directement à l’habitacle. La garde au toit progresse de 1,1 cm alors que la largeur aux coudes gagne 2,6 cm. L’espace aux jambes des places arrière progresse de 2 cm. Les rangements sont généreux et la grande huche de la planche de bord est un clin d’œil au passé.

Le coffre d’une capacité de 225 litres évolue à 870 litres avec les banquettes modulables rabattues. Dans cette configuration l’assise fixe ne permet pas l’accès à un plancher plat. Les nouveaux sièges bi-tons sont confortables et leurs inserts ont des vertus anti-transpirantes. La planche de bord, usant elle aussi des formes carrond, est plutôt flatteuse. Comme les grandes, elle se pare d’un insert noir laqué en son centre alors que sa périphérie pigmentée sable est personnalisable sans supplément. Comme pour les sièges, 4 couleurs sont disponibles (pigmentée sable ou rouge, peinte grise ou bleu).Le grain des garnitures de porte représentant le mot Panda est original.

L’équipement est complet avec la climatisation manuelle, les vitres électriques avant, l’autoradio CD MP3, le système Blue & Me pour le téléphone et les connectiques USB/AUX. Notre voiture dispose de l’option “prédisposition navigateur portable Blue&Me Tom Tom” imposant l’achat supplémentaire du GPS à 375 euros. Le bloc compteur est bien lisible et la partie centrale regroupe l’ordinateur de bord, la jauge à essence et la température d’eau. L’implantation des commandes a fait l’objet d’une étude poussée, le levier de vitesse haut perché tombant bien sous la main. Le volant 3 branches est agréable avec ses astucieuses commandes pilotant le téléphone et la radio. Les phares sont réglables depuis l’habitacle lorsque la voiture est chargée.

Dés les premiers tours de roues, force est de constater que la fiat Panda est facile à conduire. La direction à assistance électrique est douce et guide la voiture avec précision. La fonction “city” permet de réduire l’effort lors des manœuvres et s’active par un simple bouton au tableau de bord.

Le train avant de type Mac Pherson, a été revu avec l’adoption d’une barre antiroulis en prise direct sur les jambes de forces. Une traverse rigidifiée sur le train arrière a permis de réduire la dureté des ressorts au profit du confort. Les suspensions souples à grand débattement contribuent au confort et filtrent bien les raccords de bitume. L’empattement conservé, l’élargissement des voies (+ 4cm) et la modification des trains roulants sont les clés de l’équilibre de la Panda. Avec un sous virage réduit et un roulis maitrisé, elle réagit promptement en ville lors des fréquents changements de direction. La commande confort des clignotants (1 impulsion pour plusieurs clignotements) participe à cet agrément et permet de se concentrer sur la conduite.

La monte “généreuse” (185/55/15) des pneumatiques Goodyear Efficient Grip offrent une bonne tenue de route même sous la pluie. Leur conception limite la résistance au roulement tout en offrant des distances de freinage plus courtes. Les disques en 257×12 à l’avant et tambours de 203 mm à l’arrière offrent du mordant alors que l’ABS veille au blocage des roues.

Le moteur 4 cylindres de 1242 cm3 Fire est une vielle connaissance. Développant 69 ch à 5500 tr/mn, il offre un couple de 10,2 NM à 3000 tr/mn, permettant d’atteindre les 100 km/h en 14,2 secondes et une vitesse maxi de 164 km/h.

Au ralenti les vibrations et le son du moteur sont bien filtrés par l’habitacle. La boite de vitesses 5 rapports offre un verrouillage ferme et la pédale d’embrayage est souple. Le poids de notre Panda ne dépassant pas les 940 kilos, ainsi que le châssis dynamique lié à un ensemble moteur boite réactif, permet de se faufiler avec aisance. Le couple présent tôt permet de circuler sur le troisième rapport sans avoir à jouer du levier de vitesse en permanence. Très à l’aise en ville, la Panda révèle ses défauts dés la première bretelle d’autoroute. En effet, si atteindre les 130 km/h n’est pas un souci, tout ralentissement imposera de jouer de la boite de vitesse pour repartir avec vitalité. En Parallèle, l’étagement long de la transmission limite le niveau sonore dans l’habitacle. En revanche, la sensibilité au vent latéral imposera une certaine vigilance. Dans ces conditions la Panda n’est pas dans son élément, mais l’autoroute n’est pas sa vocation. Sur le chapitre de la consommation notre Panda s’est contenté de 6,8 litres en ville, 5,0 en extra urbain et 5,6 sur autoroute. Avec l’habitude, il me semble possible de faire baisser ces moyennes et rejoindre les chiffres avancés par Fiat. La capacité du réservoir est de 37 litres.

Coté tarif notre Panda 1.2 69 ch Lounge est affichée à 11.990 euros hors options. Le pack “style” (250 euros), la peinture métallisée (420 euros) et la prédisposition navigateur (60 euros) porte la facture à 12.720 euros. Avec 120 g de CO2 la Panda 1.2 ne bénéficie pas du bonus écologique.

Au final pas de surprise, la Panda 3 est la digne héritière des précédentes versions et entre sans arrière pensée dans les arènes que sont nos grandes villes avec beaucoup d’atouts pour un tarif limité. En 32 ans de carrière elle a su évoluer et s’adapter aux nouvelles conditions de circulation et attentes des nouveaux conducteurs en matières de communication. Bref c’est une réussite et comme le disait la chanson, cette Panda là mon vieux, elle est terrible……

Un grand merci à Fiat France pour le prêt de la voiture et à Sylvain de l’ONF pour le spot photo à l’Hamadryade de Trappes.

Essai-vidéo:http://www.youtube.com/watch?v=CSYDX2YWx38&feature=youtu.be