Chrysler Voyager SE 2.5 L 1990

Show à l’américaine.

Si l’Amérique est connue pour ses grands espaces et shows démesurés, elle l’est aussi pour le voyager série 1 que lui offrira Chrysler en 1983. Né dans les bureaux d’études de Détroit (Michigan), il sera construit à Windsor (Ontario) au Canada. Avec le voyager, Chrysler sera le créateur du premier vrai monospace destiné à un usage familial répondant aux exigences d’une société en pleine mutation. Un nouveau style de vie automobile était né et cela quelques mois avant le Renault espace. A sa sortie, il était présenté avec une calandre quatre phares (superposés par deux de chaque cotés) et motorisé par deux quatre cylindres. Un 2.2 L de 86 cv d’origine Chrysler et un 2.6 L de 100 cv du constructeur Mitsubishi.

 

 

Au premier abord le voyager rassure par sa ligne élégante et compacte. Les phares reculés dans la calandre lui donnent une touche d’agressivité alors que quelques chromes présents sur les pares choc, poignées de portes et antenne radio procurent une touche rétro. Les grandes arches de roues abritent des jantes acier chaussées de pneus Fédéral en 205/70/15. Les ouvrants se comptent au nombre de quatre et sont la grande originalité du voyager. En effet, deux portes desservent les sièges avant et une porte latérale coulissante permet l’accès aux places arrière. Elle se trouve du coté droit pour des raisons de sécurité, le quatrième ouvrant étant le hayon arrière qui s’ouvre sur un profond coffre. La galerie à traverses coulissantes (en option) confirme la vocation familiale du véhicule.

A l’ouverture de la portière l’espace offert est généreux et l’accès à bord est aisé. Les sièges avant à appuis têtes intégrés offrent un moelleux digne d’un muffin et le passager bénéficie d’un tiroir de rangement avec serrure. Le grand pare-brise combiné aux grandes surfaces vitrées offre une bonne visibilité, alors que le réglage électrique des rétroviseurs favorise la vision arrière.

 

 

La planche de bord haute et large est revêtue d’un skaï bordeaux et les inserts plastiques imitation bois sont dignes d’une cuisine formica des années 70. Leurs ajustages sont approximatifs et le montage avec des vis apparentes ne relève pas le niveau. Seul le velours des sièges et portières ainsi que le pavillon apportent une touche de sérieux à l’habitacle. Le volant est en plastique bordeaux. La commande à fonctions multiples semble fragile et son maniement requiert une certaine habitude. Le bloc compteur est bien lisible et affiche la vitesse en km/h et milles. Un compte tour, un voltmètre ainsi que trois jauges renseignent sur le régime moteur, la température de l’eau et d’huile et l’essence. La partie basse de la planche de bord contient les commandes de chauffage, d’éclairage, de radio et les inévitables portes gobelets.

 

 

 

 

Si les vitres sont manuelles, l’ouverture du coffre est électrique. Son volume est de 1410 litres avec la banquette en place, mais son remplissage se limite à hauteur du dossier car le voyager ne bénéficie pas de filet de retenu. Si le transport d’une armoire est envisageable, il impose un choix avant le départ ! En effet, la banquette arrière ne se plie pas et ne permet pas de moduler l’espace intérieur. Tout chargement de grande longueur imposera sa dépose d’un seul tenant et limitera le déplacement à deux !

Une aberration pour un véhicule à usage familiale !

La mise en route du moteur trahi la présence d’un 4 cylindres alors que l’on s’attend à un v6 ou v8 pour cruiser sur les longues highway. La boite de vitesse déçoit également puisqu’elle est manuelle et son maniement est des plus flous. Le levier se trouve au plancher à hauteur convenable. Si ces derniers éléments sont révélateurs d’une adaptation au marché européen, les premiers tours de roues le confirmeront.

 

Le moteur de 100 chevaux est couplé à une boite longue (très longue), qui ne favorise pas les accélérations et reprise. La longueur des rapports impose des régimes élevés pour avoir un semblant d’accélération alors que le niveau sonore augmente avec une aiguille de compteur qui monte péniblement. De plus, les 1420 kilos à vide sont une lourde charge à traîner. Le 0 à 100 est couvert en un peu plus de 15 secondes et la vitesse maxi s’établie à 154 km/h. La consommation en cycle urbain est énorme (15 litres),mais il se contente de 9/10 litres sur route. Dans ces conditions les 76 litres du réservoir autorisent une bonne autonomie.

 

 

Si en usage autoroutier le Voyager est dans son élément, il avoue vite ses limites dés que la route est vallonnée. La suspension “type vielle américaine” de la série Starky et Hutch vous rappelle vite leurs origines. Le Voyager prend du roulis dans les virages et l’amortissement pas assez ferme le fait rebondir sur les bosses. La direction manque de précision et impose de des corrections permanentes. Les freins à disques et tambours sont efficaces sur le sec mais impose la plus grande prudence sous la pluie car l’ABS est absent. Bref pour faire une moyenne, mieux vaut fuir les routes sinueuses et se contenter du réseau autoroutier.

 

 

Pourtant aujourd’hui, avec la multiplication des radars et forces de l’ordre présents sur le bord des routes, le Chrysler voyager est le véhicule idéal pour qui veut prendre son temps. Découvrir notre belle France avec une carte routière à la main est son jeu favoris et avec un peu d’imagination, il peut transformer notre ex-nationale 7 en route 66….

 

Tous mes remerciements à Florent pour le prêt de son voyager et à Nicolas (ex propriétaire) dont les autocollants Motocross racing laissent les empreintes d’un homme chaleureux et passionné.

Texte et Photos: Steve Jolibois

One comment

  1. Bon vieux américain avaleur de bitume.
    Je viens de traverser 30 départements français avec mon vieux chrysler tout juste rénové. Il affiche désormais 300 000 km.
    La route fut un véritable plaisir avec ma petite famille.
    De franches rigolades lors des montées de l’Aveyron.
    La boue bretonne ne lui a pas fait peur. Le refroidissement en ville s’est fait à merveille.
    Merci chrysler!

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