14e Traversée de Paris : Une néo-rétro s’invite au voyage.

14e Traversée de Paris : Une néo-rétro s’invite au voyage.

22 janvier 2014 0 Par Steve Jolibois

Traversée de Paris hiver 2014 (35) t&d

La 14e traversée de Paris s’est déroulée le 12 janvier dernier. Cette grande messe bi-annuelle, organisée en été et en hiver, est devenue le rendez-vous incontournable des propriétaires de voitures anciennes. A l’inverse des autres participants, nous avons choisit une voiture moderne pour suivre cette édition. Embarquez pour une immersion dans la traversée de Paris au volant d’une néo-rétro à ciel ouvert : la Fiat 500C 0.9 TwinAir Lounge.

Texte et photos : Steve Jolibois

C’est au Château de Vincennes et dans un froid glacial que nous retrouvons les 600 voitures et 40 motos inscrites. Venus pour s’approprier les rues de la capitale le temps d’une matinée, ils transforment l’esplanade du Château en parking géant. Si mon copilote (P.E) et moi même assumons notre choix d’y participer en voiture moderne, cette démarche reste un sacrilège pour les propriétaires d’anciennes. Alors que nous tentons une arrivée discrète, le clin d’œil au passé et la teinte “Idol Pink” de notre 500C attire la sympathie des participants. Je tiens à ce sujet à remercier les designers d’avoir inventé le style néo-rétro qui nous évite de passer la journée au fond d’un cachot obscure du Château.

Notre première démarche consiste à rejoindre l’accueil presse pour prendre possession du programme de la journée. Après avoir révélé notre identité, nous recevons notre package comprenant le roadbook et la plaque de rallye avec la consigne de ne pas l’apposer sur notre voiture. Si la tentation est grande, je me souviens que le cachot n’est pas loin et j’applique la directive. Pendant que “P.E” prend connaissance du parcours, je profite de cet instant pour immortaliser la scène avec en arrière plan notre 500 et son ainée en version Abarth. Si l’instant est magique, faire poser côte à côte ces deux modèles revient à comparer les photos d’une star des années 60 ayant eu recourt au collagène. En clair, elle a bien vieilli, mais a gonflé!

Après un briefing de “P.E” sur l’itinéraire à suivre, nous démarrons notre pot de yaourt moderne. Le son émis par son bicylindre interpelle les badauds et les commentaires ne tardent pas à venir. C’est le bruit de l’ancienne 500 ? Le moteur est à l’arrière ? Si la ressemblance est indéniable sur la plan sonore et le nombre de piston, la comparaison s’arrête là. En effet, le moteur TwinAir de 875 cm3 se trouve à l’avant, il est suralimenté par un turbo et développe 85 cv pour un couple de 145 Nm à 1900 tr/mn. A la fois économique et écologique avec son stop & start et ses 95 grammes de CO2 émis par km, c’est sans scrupule que nous nous élançons vers la capitale au rythme donné par le cortège d’anciennes. La cadence révèle la souplesse du moteur et la douceur de la boite de vitesse Dualogic qui équipe notre 500 C, permettant de faire des photographies sans secousse.

C’est sous l’escorte d’une VW Coccinelle et d’une Méhari que nous franchissons les boulevards des Maréchaux qui séparent Vincennes de Paris. Notre roadbook nous mène jusqu’à la place Félix Eboué, lieu des premières spots photographiques. Alors qu’une anglaise stationne sur le long du trottoir capot ouvert, nous poursuivons notre chemin sur l’avenue Daumesnil jusqu’à la Bastille. Durant ce tronçon nous dépassons une Jeep Willys battant pavillon américain, une Méhari bi-ton et deux Renault Estafette. L’arrêt à un feu rouge nous offre quelques palpitations quand une odeur d’huile et d’essence brûlées envahissent l’habitacle en cuir de notre voiture. Alors que “P.E” et moi même échangeons un regard inquiet, la présence de trois solex et d’une Sanford (voiture à 3 roues) nous rassure sur l’origine des ces émanations. Fin de l’alerte ! Avant de repartir, j’observe l’accoutrement du pilote de la Sanford et prend conscience du confort qu’offre le chauffage de notre voiture que j’ai qualifié de “faiblard” quelques kilomètres auparavant. Enfant gâté que je suis…

Une fois la place de la Bastille atteinte et quelques photos prisent, nous pénétrons dans la rue Saint Antoine où nous nous retrouvons nez à nez avec Elvis Presley et une Ford Mustang ! Très surpris par cette rencontre, je promets de ne plus inhaler les vapeurs de moteur deux temps… Trêve de plaisanterie, si l’image d’Elvis avec des cheveux en plastique type “Playmobil” est insolite, elle nous fait louper la prochaine étape de notre périple, la place des Vosges. Notre consolation se soldera par la remontée de la rue de Rivoli en compagnie de véhicules chargés d’histoire à l’image d’une AC cobra, Citroën DS, Peugeot 203 et Jaguar Type E. Après un passage devant la mairie de Paris, le boulevard Sébastopol est l’occasion pour les “Muscle cars” de faire parler les V8. Si “P.E” et moi même sommes réjouis, les passants sont terrorisés par le bruit de ces mécaniques musclées.

Lorsque le soleil décide enfin à pointer timidement le bout de son nez, nous décidons de faire prendre la pose à notre voiture devant le métro Saint Georges. L’endroit regorge de charme et notre 500C manœuvre aisément entre les réverbères. Après quelques dizaines de déclenchements, nous faisons mouvement vers la Basilique du Sacré Cœur. Si l’approche du monument est difficile via les petites ruelles, un bouchon se crée quand les participants prennent la pose sur la colline de Montmartre. A ce moment nous décidons de quitter l’itinéraire défini pour nous réfugier dans une petite rue pour une pause café bien méritée.

Après ce ravitaillement bénéfique pour l’équipage, nous décidons de ne plus suivre le parcours et de voler de nos propres ailes. Nous ne regretterons pas cette décision puisque Paris est maintenant assiégé par les voitures anciennes. La Place de la Concorde se transforme en musée automobile et les ponts parisiens qui mènent au Invalides sont magnifiés par la présence des Rolls-Royce, Delage et Delahay aux courbes sublimes. Nous décidons de mettre fin à notre traversée au pied du dôme des Invalides où deux mafieux armées jusqu’aux dents prennent la pose devant une Citroën Traction. Alors que nous quittons l’esplanade, le cortège de voiture repart en direction du Château de Vincennes, point d’arrivée de la traversée de Paris.

Conclusion : Cette 14e traversée de Paris a respecté les traditions des précédentes éditions et le nombre croissant de participants en dit long sur le dynamisme de cette virée parisienne. Elle permet en quelques heures de revenir dans le passé en mariant bonne humeur et plaisir de conduite. Certes notre Fiat 500C était décalée, mais elle nous a offert un voyage dans le temps à ciel ouvert. Si le soleil était le grand absent du jour, la magie a opéré et c’est bien là l’essentiel. Merci à Vincennes en Anciennes et à Anne pour leur accueil, nous serons présent à la prochaine édition.